Jolla, contrairement aux autres …

« Unlike other platforms, Sailfish are not likely to take fire » (littéralement « Contrairement aux autres plateformes, Sailfish n’est pas susceptible de prendre feu »)

C’est avec cette première phrase, décalée et avec un humour à plusieurs degrés que j’ai découvert un membre de Jolla. Il portait cette phrase sur son tee-shirt Jolla. Et c’est aussi avec ce Unlike que le monde entier a découvert Jolla et Sailfish.

Sailfish se prétend différent de tout

Sailfish se prétend contraire aux autres. Contrairement aux autres, Sailfish est libre et a une politique Open-source intégrée. Contrairement aux autres, Saifish est rapide et intuitif. L’identité de Sailfish en tant que système mobile et Jolla en tant qu’entreprise s’articule autour de ce unlike, qui n’est pas sans rappeler le fameux think different d’Apple.

On remarque que pour annoncer leur UI, Jolla a crée plus que juste une présentation barbante (ou même dynamique). Forte seulement d’une soixantaine de personne, dont à peine 7 sont consacrés au marketing, ils ont tout de même réussi à créer une identité et à se faire remarquer.

D’ailleurs, la présentation, faite de phrases simples sur des fonds colorés, l’IU Sailfish, faite de composants textuels déposés sur une couche de glace recouvrant un fond imagé, les bannières Jolla au stand, réalisés avec le même effet que l’IU apportent une unité dans la présentation, alors que les slogans (2013 will be unlike 2013) appuient toutes ces spécificités de l’UI, notamment les effets de lumière ou la navigation, si particulière au sein de Sailfish.

Quand j’ai discuté avec les designers, mais aussi avec les responsables des médias, j’ai senti encore cette différence par rapport aux autres systèmes mobiles. La différence se fait dans la façon d’agir et de créer l’interface. Il ne s’agit pas montrer une version finale que les utilisateurs doivent subir, mais d’en tenir compte dès le début, de voir et sentir leurs usages, et de prendre en compte leurs retours. Le développement se fait aussi en Open-source, comme souligné précédemment, ce qu’aucune autre entreprise ne fait, et finalement, ce unlike reflète la politique de l’entreprise, et lui va comme un gant.

Je suis heureux que Jolla puisse compter sur des personnes douées dans le marketing et des designers compétents. L’expérience qu’ils ont crée, tant pour la présentation, pour l’utilisateur et pour le marketing est uniforme, et correspond à l’image de l’entreprise flexible, libre et à l’écoute qu’ils ont déjà. À vrai dire, je ne m’attendais pas à un marketing aussi poussé, et une identité d’entreprise déjà définie, mais il est évident que Jolla avait tout prévu et nous surprend tant au niveau de la technique, que de la communication.

 

A propos de Sfiet_Konstantin

Développeur Qt, fan du N950 et du N9, et ayant un regard critique dans le monde de la mobilité et leurs interfaces graphiques, j'ai aussi été stagiaire chez Jolla durant l'été 2013.

18 Replies to “Jolla, contrairement aux autres …”

  1. J’attends l’équipe marketing au tournant. Une des plus grosses craintes que j’ai au sujet de Jolla est le public qui achètera les téléphones. Oui Jolla veut vendre ses appareils à tout le monde, jeunes, vieux, hommes, femmes, technophiles et noobs, MAIS pour l’instant j’ai du mal à voir Jolla percer en dehors des geeks, et en particulier les fans de Maemo et MeeGo. À Jolla donc de me surprendre sur ce point.

    Unlike WP et iOS, mais pas unlike Android, le côté ouvert de Sailfish pourrait en faire un OS prisé des opérateurs car ils pourront y mettre leur empreinte. Et ça c’est bon pour faire connaitre Jolla (car mis en avant par les opérateurs) et faire vendre des appareils (qui sont surtout vendus par les opérateurs).

    • Totalement unlike android. Android, c’est pas un projet où Google collabore avec les autres. C’est un peu eux les chefs et les autres ne font que subir.

      • Tout à fait d’accord et c’est bien à cause de ça que j’accroche pas à Android. Avec Sailfish, je vais retrouver ma liberté, encore plus que celle de Maemo ou MeeGo-Harmattan (qui me semble plus fermé que Maemo).

        Reste que je croise les doigts pour les services comme les réseaux sociaux et une solution GPS ainsi que les entreprises qui prendront la peine de développer pour cet OS dès le début.

        • « Pas unlike Android » dans le sens où comme pour le robot vert il y aura moyen pour les opérateurs et les OEMs d’inclure fortement leurs crapwares et leurs bridages dans le produit fini :(. Quand d’autres que Jolla seront sur Sailfish, il faudra bien se différencier ;). Et le côté open de Sailfish le permettra bien plus que les autres. 🙁

          Oui on pourra toujours flasher vers la version nue, et même sûrement plus facilement qu’avec Android. Mais pour Mme Michu sans qui Jolla ne sera rien, « flasher » a plus le sens de se faire prendre en photo (ou au radar en excès de vitesse :P) que changer l’OS de la tablette ou du smartphone (au moins sa version). Résultat, les surcourches seront probablement aussi un problème pour Sailfish, et hélas ça sera « pas unlike Android ». 🙁

          Pour ce qui est de l’open source, oui Jolla est « unlike Android » (enfin plus ouvert que le plus ouvert des gros du marché actuellement, c’est certain). Et c’est même tant mieux ! 🙂

      • Effectivement, Androïd est géré et contrôlé par Google, avec des éléments de Java volés à Sun/Oracle.

        Quant à Jolla: Il y a deux types de personnes: ceux qui suivent la mode, et ceux qui la créent. Ils font partie de la seconde catégorie.
        Je pense qu’avec un manchot (dans tous les sens du terme, y compris la bonne traduction de « Penguin ») comme Marc Dillon dans l’équipe, il est évident que l’interface restera facile à utiliser d’une seule main, comme dans les démos.

        P.S.:
        Je veux un de leurs T-Shirts « Unlike the Ordinary »!

  2. Ce que j’ai ressenti en regardant la vidéo, c’est qu’ils sont humains. Peut importe les disfonctionnement des micros, le trac, les blancs… cela a juste montré qu’il ne s’agissait pas d’une mise en scène, mais que nous avions en face des humains, des gens normaux, et j’ai vraiment apprécié.

    Je ne partage pas tes inquiétudes air-dex, car nous ne savons pas encore qui sera partenaire… si orange par exemple configure aux petits oignons un mobile fabriqué par ZTE ou Compal… les gens achèteront sans pour autant être de geeks.

    L’équipe Jolla semble avoir la tête sur les épaules, et s’attaquer au monde en partant de la Chine montre qu’ils ont même une idée très précise du chemin à prendre.

    • Oui, l’équipe semble vraiment formidable ! On retrouve l’aspect communautaire rien qu’en ayant regardé la conférence ! Des humains qui parlent aux humains… Ils pensent business, mais pas « attrape gens ».

      Je sens que je vais être amoureux 🙂

    • Mais je ne demande qu’à être surpris et à me tromper !

      Le fait est que le business de Jolla est quand même la reprise d’un projet de Nokia – la « filière Linux » représentée par l’équipe OSSO/Maemo/MeeGo/Meltemi. Ce projet est surtout connu par les geeks linuxiens, et encore quand ceux-ci n’ont pas d’yeux que pour Android. On est loin du grand public qui ne connait que « l’iPhone » et « le Galaxy ». Du coup on a un léger décalage entre un public restreint qui lui connait Jolla (les fans des Linux de Nokia + quelques technophiles) et le grand public qui ne sait même pas qui sont Jolla et Sailfish et pourquoi ils font ça. Jolla a une bonne partie des fans de MeeGo acquise à sa cause et prête à passer à la caisse, du moins pour le(s) premier(s) appareil(s). Mais en dehors de ça, c’est le néant quasi total. Et c’est là où je veux avoir tout faux et que Jolla perce auprès du grand public.

      « L’équipe Jolla semble avoir la tête sur les épaules, et s’attaquer au monde en partant de la Chine montre qu’ils ont même une idée très précise du chemin à prendre. »

      En espérant quand même les voir arriver rapidement sur les autres gros marchés et surtout en France. Y’en a marre de passer à côté de gros appareils car nous ne sommes que la « 3ème roue du vélo » après les States et après l’Asie orientale (Chine, Japon, Corée) voire du Sud-Est.

      • Je te comprends. Mais malheureusement, Jolla va chercher l’argent là où il est. Cela dit, l’Europe est toujours mieux lotie que les US… il n’y a qu’Elop et Nokia pour croire que les États-Unis sont un marché porteur.

        Pour l’autre partie de ton commentaire vu la démarche de Jolla, on pourrait imaginer des produits très alléchants pour les opérateurs, qui feront tous pour les promouvoir.

        Prenons un exemple totalement fictif :

        Imagine que Jolla signe un accord avec Free. Ça pourrait être très intéressant pour Free, car Linux, ils connaissent bien (Freebox), et les développements seront relativement rapides.

        Ils pourraient alors proposer des terminaux sous Jolla avec des applis qui se connectent directement à ta Freebox, aux services Free (VOD, jeux, photos, etc.), et un tel produit pourrait être très attractif pour Madame et Monsieur Toutlemonde.

        Les Geeks, eux pourront toujours s’acheter du matériel plus pointu.

        De plus, si le multitâche de Jolla, qui d’après sa description semble être temps réel, est performant, alors Jolla peut intéresser les secteurs médical et aéronautique (la grosse industrie en général); ça n’attirera pas plus le public, mais ça rapportera des sous.

        Je suis confiant pour Jolla 🙂

      • Le Nokia N9 sous MeeGo a eu un excellent succès dans les quelques pays où il a été lancé quasiment sous le manteau. On est dans les quatre à cinq millions d’exemplairres vendus en deux trimestres (Q2 et Q3 2011), soit plus que l’ensemble des Windows Phone sur la même période.

        Jolla n’a d’ailleurs besoin que de quelques centaines de milliers d’unités vendues par trimestre à partir de fin 2013 , car ils ont des coûts de production (de soft et markeing) très bas pour l’instant.

      • Le Nokia N9 sous MeeGo a eu un excellent succès dans les quelques pays où il a été lancé quasiment sous le manteau. On est dans les quatre à cinq millions d’exemplairres vendus en deux trimestres (Q2 et Q3 2011), soit plus que l’ensemble des Windows Phone sur la même période.

        Jolla n’a d’ailleurs besoin que de quelques centaines de milliers d’unités vendues par trimestre à partir de fin 2013 , car ils ont des coûts de production (de soft et markeing) très bas pour l’instant.

        Concernant les ârtenariats avec les opérateurs européens, ils ont déjà un accord avec DNA en Finlande.
        Il reste aux opérateurs français à voir un peu d’audace…

        • Vu nos opérateurs, je ne pense pas qu’on puisse compter sur eux pour l’instant. Je veux bien croire que The Phone House pourra faire l’effort de le vendre au compte goûte. Au pire, j’imagine qu’il y aura un magasin en ligne sur Jolla.com.

          Pour ce qui est des ventes du Nokia N9, ça serait bien que Nokia communique là dessus. Le projet étant bien mis de côté, je ne vois pas pourquoi ils cachent encore les chiffres…

          • J’attendrais la version 1.5 ou 2 de l’OS, un peu comme Android. J’espère que cette version sortira un jour quand même.

  3. Bonjour à Tous et Toutes !
    Merci aux animateurs et contributeurs de ce Blog.
    A @nsuffys qui semble bien placé et introduit auprès de l’équipe de Jolla, je suggère que vous leur fassiez comprendre d’avoir pour les pays dits émergents plus de considération CONTRAIREMENT à Nokia qui prend les habitants de ces pays pour des attardés en leur fourguant des phones bas de gamme juste pour les tondre pour leur laine et se faire un chiffre d’affaires pour nourrir ces oisifs d’actionnaires. Les pays sous-développés ont aussi droit aux appareils téléphoniques de bonne qualité et HAUT DE GAMME !
    Leurs habitants et leurs élites sont attentifs…à la mondialisation !
    En suite, dites-leurs SVP que pour permettre à Jolla de s’installer durablement il faut des téléphones avec au moins 64 Go de mémoire pour la musique, les vidéos et la prise des photos (avec zoomer) d’au moins 12 mégas pixels, le double cartes sim pour avoir la possibilité d’avoir une sim professionnelle et une sim privée, un équivalent de Skype pour téléphoner moins cher vers l’étranger, un minimum d’Open-Office. Enfin il faut que les concepteurs du Device (hardware) intègre l’idée de répondre aux besoins des commerciaux, voire des journalistes qui ont besoin de réaliser des démos ou présentations vidéos, etc…Par exemple dans le monde de la musique ou du spectacle vivant, il devient de plus en plus important de promouvoir les groupes ou artistes via des extraits de leurs concerts en Live…Il faudrait donc penser à des I/O micro-usb et HDMI pour brancher sur un écran télé, etc.
    1000+@Vladimir 🙂

    • Bonjour,

      On connait bien la communauté de développeurs et quelques employés de Jolla. Pour ce qui est de la vente dans les pays émergents, on va attendre qu’ils dévoilent les pays où sera disponible le terminal et à quel prix. Pareil pour les caractéristiques de l’appareil. Mais on peut toujours en glisser un mot.

      • @nsuffys Avec tous mes remerciements. Au niveau commercial pour booster et faire la chaine de soutiens dans la communauté (mondiale), il pourrait être envisagé des « Ambassadors » volontaires conseillers pour porter la bonne nouvelles auprès des consommateurs potentiels qui veulent changer de téléphone….et l’affichage de la bannière PhoneSailfish auprès des bloguers et sites Web « Amis »…
        Et, suis volontaire et prêt à compléter ma collection de phone Nokia. Mon dernier étant le N9 que je compte remplacer pour acquérir un Jollaphone 🙂

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