Une interview de Marc Dillon au GMIC

gmicC’est aujourd’hui que commence le GMIC, et mobiSights nous propose déjà une petite interview de Marc Dillon. Celui-ci parle encore et toujours d’Android et d’iOS, et des écosystèmes.

Je vous propose une traduction rapide de l’article ci dessous.

Marc Dillon, le cofondateur et chef du développement logiciel à Jolla, pense qu’il y a besoin d’un sérieux chamboulement du statu quo dans le monde des OS mobiles.

«Il y a un besoin d’un nouveau système d’exploitation» a affirmé Marc lors d’un entretien avec Paul Mozur du Wall Street Journal au GMIC de Beijing 2013. «L’écosystème qui existe aujourd’hui a créé quelque chose qu’ils veulent protéger et ils veulent maintenir un quid pro quo. [NDT: en affirmant que l’écosystème fait tout]»

Avant la création de Jolla en 2011, Dillon a travaillé pour Nokia depuis plus de 10 ans, une entreprise qu’il considère comme [ayant recruté] des personnes faisant parti des «plus intelligents et plus innovants dans le monde». Mais durant les dernières années, Dillon pense que Android et iOS ont été capable de profiter de leur domination du marché pour créer des «jardins emmurés» qui limitent les choix des consommateurs, et qui finalement, ralentissent l’innovation.

«Il n’y a pas eu beaucoup de créativité ou d’innovation dans Android, chez Google ou chez les autres grands acteurs [NDLR: en terme d’OS], c’est une barrière qu’il faut qu’on abatte.»

Sailfish, l’OS open-source sur lequel travaille Jolla, pourrait être «le catalyseur du changement» que l’industrie recherchait, affirme Dillon. Le cœur du système est basé sur Linux, et Dillon affirme qu’après au moins deux ans de programmation, il est bientôt complet, et sera «bientôt délivré», dans les mois qui viennent.

«Vous ne pouvez acheter que ce qui s’offre a vous. Quels sont les choix qui s’offrent à vous ? Il y a actuellement deux grands acteurs, et nous vous offrons quelque chose de nouveau».

La vision de Jolla est très pertinente dans le marché chinois, où l’Android qui règne en maître dérange les autorités [NDT: regulators dans l’article] et où Apple a de plus en plus une mauvaise image, notamment à cause de son service après vente trop négligeant.

«Le monde du mobile est extrêmement dynamique. La Chine est l’endroit le plus réactif au changement du monde. Tout ce que vous avez besoin, c’est de commencer quelque chose de nouveau» affirme Dillon.

«La Chine est souvent comme un désert innovatif, à tort ou à raison» affirme Dillon, «Mais elle sent qu’un changement majeur arrive. Avant, l’idée était que la Chine pouvait copier le travail d’une entreprise et voler tous ses copyrights. Maintenant, c’est une sorte de synergie qui se crée, avec plusieurs entreprises qui se combinent pour créer de la valeur et un nouveau produit crée par les chinois»

«Je vois une opportunité en Chine. Pas de la copie, mais une synergie. La Chine est vraiment l’endroit pour ça, et beaucoup de personne apprennent en faisant. Déjà beaucoup de synergie [NDT: est présent en ce moment]»

«La Chine est une opportunité formidable pour nous»

A propos de Sfiet_Konstantin

Développeur Qt, fan du N950 et du N9, et ayant un regard critique dans le monde de la mobilité et leurs interfaces graphiques, j'ai aussi été stagiaire chez Jolla durant l'été 2013.

10 commentaires à propos de “Une interview de Marc Dillon au GMIC

  1. La Chine a aussi beaucoup de cash, beaucoup de programmeurs – bien plus compétents que l’on imagine, beaucoup de partenaires (autres pays)…

    Ils font très bien de commencer par la Chine plutôt que par les États-Unis. On voit que c’est payant pour des compagnies comme ZTE ou Huawei, qui apparaissent maintenant en Occident, et on voit aussi que l’inverse (Nokia) ne l’est pas.

    • Ils auraient pu commencer en Europe, mais l’Europe, tout comme les USA sont des marchés saturés.

      Après, je ne sais pas du tout ce que vaut les programmeurs chinois. Le peu de présence de logiciels Open Source développés en Chine montre qu’il y a un « problème »: soit la programmation ne les intéressent pas, soit ils n’ont pas l’esprit open source.

      Or, d’après moi, tous les programmeurs maintenant font au moins un peu d’open source … Mais je ne connais pas bien la Chine sur ce domaine.

      • Je ne connais pas bien la Chine non plus, mais ce sont eux qui produisent la plupart des périphériques pour PC (cartes vidéo, cartes mères, etc.) et donc les drivers…

        Il y a aussi le cas du HTC Titan II ; Les développeurs de HTC ont réussi à faire fonctionner un module photo de 16Mpix sur Windows Phone 7.5, ce que même MS et Nokia n’ont pas réussi à faire.

        Et enfin, la plupart des interfaces et applications Android sont développées en Chine ; on aime ou on n’aime pas le résultat, mais ils le font.

        C’est du gagnant-gagnant, l’open-source pour la Chine. C’est beaucoup plus intéressant pour eux que de payer des licences Windows, installer Visual Studio, payer des abonnements MSDN à leurs millions de développeurs.

    • Il ne faut pas non plus oublier le protectionnisme américain. C’est ce qui a joué dans la chute de Nokia. La crise chez Nokia n’a vraiment commencé que lors de la mise à mort de Symbian. Par contre pendant que les blogs US, qui font autorité dans le monde high tech, s’acharnaient sur Symbian, Blackberry était lui vraiment en train de couler à pic, mais en silence. Ils n’en parlaient pas autant que Symbian donc ça allait bien pour BB. Ou pas. 😉 Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage et pour Engadget & co, Symbian était particulièrement enragé, au contraire de « leur » Blackberry qui lui avait vraiment besoin d’un vaccin anti-rabique. 😉 Tout ça pour dire que ZTE et Huawei se sont également pris ce protectionnisme en pleine poire et ont préféré ne pas s’embêter sur ce marché qui n’est finalement pas le plus lucratif. Ils ont dit aux States « on n’a pas la rage et on vous emm**de ».

      Sinon c’est aussi normal que la Chine est d’abord été payante pour eux vu que c’est leur marché national. C’est comme dire que Renault a eu raison de passer par la France pour avoir eu ensuite le succès qu’ils ont eu dans le monde automobile.

  2. Pour ceux qui comme moi ne savaient pas ce que ça veut dire et qui ont cru à une coquille dans l’article, voici la définition de « quid pro quo » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Quid_pro_quo

    Une fois le point vocabulaire passé, on voit qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans l’article, à savoir de la promotion de Sailfish et du léchage de bottes chinoises (en même temps il est là pour ça).

    • Bah mine de rien, je trouve que l’article apporte quelques éclaircissements sur comment fonctionne Jolla, et le marché chinois. Pas extraordinaire, mais pas inutile.

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