Une introduction à Jolla (1)

Bon nombre d’entre vous savent l’histoire mouvementée de Nokia ces dernières années, et ont vécu la naissance de Jolla, mais peut-être que certains éléments vous ont échappés, ou peut-être que vous voulez en savoir plus sur la genèse de cette start-up dynamique.

Cette série d’article fait un récapitulatif détaillé de l’histoire de Jolla, et de la situation actuelle de l’entreprise, deux semaines avant l’annonce de son système d’exploitation. La partie 1 raconte l’histoire de Maemo, l’ancêtre de MeeGo au sein de Nokia. La deuxième présentera les déboires de MeeGo, et la dernière, la genèse de Jolla et ses aspirations.

OSSO et Maemo, les origines

Avant Jolla, il y avait MeeGo, avant Meego, Maemo et avant Maemo, il y avait OSSO. OSSO, pour open-source software operations, est né aux environs de 2005. C’est un petit groupe d’ingénieurs au sein de Nokia, avec des ressources limitées, qui développaient un système mobile basé sur Linux. Leur but initial était de lancer un produit qui changerait le monde.

OSSO, qui sera renommé Maemo en 2007, était une équipe très dynamique et agile, qui n’avait aucune bureaucratie pour les ralentir. Ils réalisèrent rapidement le N770 puis N800, les premières Nokia Internet Tablet − souvent appelés NIT − sortis respectivement en 2005 et 2007.

Le Nokia N800
Source: Wikimedia Commons

Mais les projets ont tout de même eu du retard. L’équipe Maemo n’avait pas les moyens de payer des matériaux un design et des sous-traitants de qualité. Le premier «téléphone» grand public Maemo est alors le N810, version remise à jour du N800.

Vous me direz que le N810 ne peut pas servir de téléphone. En effet, mais à l’origine, il devait être équipé de la fonction de téléphonie en plus de Skype, mais elle a été retirée pour éviter de faire de l’ombre aux téléphones Symbian.

Maemo 5 et MeeGo, l’apogée

Un Nokia N900
Source: Wikimedia Commons

Ce ban sera de courte durée puisqu’en 2009 sort le N900, sous Maemo 5. C’est le premier NIT a avoir été pensé pour le marché, avec un OS, certes encore assez brut de décoffrage (gestionnaire d’applications, terminal), mais résolument tourné vers le public. Ses capacités de multitâche, son clavier et ses nombreuses fonctionnalités intégrées au sien du système en font un concurrent sérieux de l’iPhone, indétrônable référence de l’époque.

En même temps que le lancement, Nokia a crée une zone d’atterrissage pour la communauté, à savoir le célèbre maemo.org. Ce site regroupe un forum, des dépôts de logiciels, un wiki et est pensé pour l’entraide et le partage de connaissances.

Très rapidement, des utilisateurs et des hackers — dans le sens de bidouilleurs — se sont retrouvés avec le désir de tirer du meilleur de leurs appareils. La communauté grandit vite et est unie, et incroyablement innovante. Le N900 se transforme en robot, en distributeur de nourriture pour chien, en télécommande universelle ou en système pour cracker une PS3 …

L’appareil est un succès, mais le N900, toujours fabriqué par des sous-traitants, n’est pas parfait. Lourd, port USB fragile, aspect «brique», c’était avant tout une expérience pour tâter le terrain. Et Maemo 6, qui serait la prochaine itération de Maemo, serait le point de départ pour la commercialisation à grande échelle de ces «ordinateurs de poche».

Au Mobile World Congress de Barcelone de 2010, Nokia et Intel ont annoncé que les deux entreprises allaient fusionner leurs efforts portés sur les systèmes mobiles Linux qu’ils développaient chacun de leur côté. De cette union naît MeeGo. Malheureusement, cette union ne portera pas vraiment ses fruits …

Sources

A propos de Sfiet_Konstantin

Développeur Qt, fan du N950 et du N9, et ayant un regard critique dans le monde de la mobilité et leurs interfaces graphiques, j’ai aussi été stagiaire chez Jolla durant l’été 2013.

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